L'Italie, un temps proche des Empires centraux, entre en guerre le 23 mai 1915 aux côtés de l'Entente. Le mois de mai a été le théâtre d'une campagne de la part des milieux nationalistes qui espèrent beaucoup d'une victoire, notamment des gains territoriaux en Adriatique.
Après avoir vainement tenté de s'emparer de Trieste lors des douze batailles de l'Isonzo, les Italiens connaissent un désastre à Caporetto le 24 octobre 1917. Ils sont contraints de reculer jusqu'à la rivière Piave qui incarne la ligne de résistance ultime face à l'ennemi diabolisé. C'est ce que montre ces deux affiches où l'on voit la Piave comme dernière limite face à la barbarie. Une main crochue dans la première, un monstre aux têtes innombrables coiffées de casques à pointe autrcichiens et de chapeaux turcs dans la deuxième.

La duplicité et la fourberie des anciens alliés allemands et autrichiens qui n'ont pas su attirer l'Italie dans leur camp est dénoncée dans les deux affiche suivantes. L apremière montrant un soldat autrichien manipulé par un Allemand et proposant la paix à un italien "une année après". La deuxième dénonce le "courage de l'aviation ennemie qui perd ses combats le jour et bombarde la nuit.

Un personnage joue un rôle important avant, pendant et après la guerre, c'est Gabriele D'Annunzio. Poète et écrivain renommé, il milite pour l'entrée en guerre du côté de l'entente. Engagé volontaire dans l'aviation pendant la guerre, il réalise le 9 août 1918 un vol de 1000 km vers Vienne où il largue des tracts comme celui reproduit ci-dessous [photo E.A., Rome, Musée du Risorgimento] et dont vous pouvez lire la traduction.
- « Viennois !
- Apprenez à connaître les Italiens. Nous volons au-dessus de Vienne, nous pourrions larguer des tonnes de bombes. Nous ne vous lançons qu'un salut tricolore : les trois couleurs de la liberté. Nous autres Italiens ne faisons pas la guerre aux enfants, aux vieillards et aux femmes. Nous faisons la guerre à votre gouvernement, ennemi de la liberté des nations, à votre gouvernement aveugle, obstiné et cruel, qui ne parvient à vous donner ni la paix, ni le pain, et vous nourrit de haine et d'illusions. Viennois ! Vous êtes réputés être intelligents. Mais pourquoi donc avez-vous revêtu l'uniforme prussien ? Vous le voyez, désormais tout le monde est contre vous. Vous voulez continuer la guerre ? Continuez-la, c'est votre suicide. Qu'en attendez-vous ? La victoire décisive que promettent les généraux prussiens ? Leur victoire décisive, c'est comme le pain en Ukraine : on meurt en l'attendant. »
Il prend un tournant nettement nationaliste par la suite comme en témoigne son aventure à Fiume après-guerre dans une Italie qui a l'impression d'une « victoire mutilée ». Une BD récente de David B. se situe à Fiume lors de cet épisode. Voyez la critique dans le Coin BD-Manga.
Le souvenir de la Grande Guerre
Le lieu où est enterré le soldat inconnu sur le Monument à Victor-Emmanuel à Rome
[photo : E.A.]
Le transfert du soldat inconnu.
[photo : E.A.]
[Photo : E.A.]

Le sommaire du dossier sur la Grande Guerre vue d'ailleurs.
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